Article mis en avant

Présentation du blog

Petit blog pour partager une partie de mon voyage de 8 mois en Amérique du Sud.

Il commence par une petite halte à Gran Canaria pour un trek en autonomie et tout seul (c’est une première) à travers toute l’île. Le but est de trekker dans les terres (éviter la zone ultra touristique de la mer) seul, en faisant du camping sauvage. J’avais envie de tester une randonnée dans la solitude, de voir ce que ça donne.

Après cette petite apostrophe, place à la préparation de la traversée de l’Atlantique et à la traversée elle-même. Elle se passera sur Grey Goose, un Hanse 445 avec un équipage de 6 personnes, dont Pierre, un de mes amis.

Après : Sainte Lucie pour deux semaines, Guyane Anglaise pour 1 mois, traversée du Brésil sur l’amazone vers Leticia, arrivée en Colombie 2 mois, Équateur 3 semaines, Pérou 3 semaines, Bolivie 1 semaine , Chili 1 semaine , Argentine 1 semaine , Bolivie 2 semaines.

Après 3 mois !

Petit coup de frais après un peu plus de 3 mois.

Fin !

Gran Canaria J0

Jeudi 26 octobre

Voilà c’est le grand jour ! Finition de la valise, dernier petit déj myrtilles framboises, pesage des sacs : le petit 13 kg et le gros 20. Direction l’aéroport où ma valise fait pile poil 20. Adieu larmoyant avec Maman et me voilà à attendre l’embarquement, ce qui me permet de répondre à mes derniers messages d’adieu.

Arrivée à Gran Can, là je remplis mes bouteilles d’eau et je transfère déjà quelques trucs en plus dans mon petit sac, dont je compte me débarrasser, je n’ai pas envie de partir trop lourd… Dans la navette jusque Las Palmas, je me rends compte que le super site que m’avait donné Papa pour un locker de bagages n’était pas du tout celui de Gran Canaria mais celui d’une autre île. Arrivé à Las Palmas, je me renseigne et, en effet, aucun locker n’existe. Je me tourne alors vers Grey Goose (le bateau de ma traversée) et ils acceptent sans souci de le prendre. Petite étape chez eux où ils me proposent bien sûr de rester pour la nuit mais non, j’ai déjà assez attendu je veux que mon aventure commence aujourd’hui.

Je prends donc le dernier bus jusque Agaete au Nord-Ouest de l’île. J’arrive vers 21h là-bas en ayant vérifié qu’une auberge de jeunesse existait. Mais non, je ne veux pas de ça non plus. Je fais le plein pour mon réchaud dans une pompe, où la dame renverse la moitié de l’essence sur moi. Je me lave, remplis juste ma gourde et pars. Il y a une lune et la ville fait beaucoup de lumière. Je remplis mon camelbak en prévision dans un canal d’irrigation et m’en vais dans la montagne. Il fait noir, mais j’utilise peu ma frontale, il fait assez clair avec la lune et les lumières de la ville.

Dans la montée (où j’utilise un chemin auxiliaire très praticable), je repense à la phrase d’Adri : « J’espère que tu trouveras ce que tu cherches ». Bah au final, ici, je suis bien, mon sac est lourd mais pas trop, j’aperçois la mer et la montagne dans la nuit, et je cherche le meilleur endroit pour camper. Je trouve un bon spot juste le long du chemin, bien protégé et plat. Là, je fais mon campement de fortune avec juste mon tapis de sol et matelas, sac de couchage.

Il me faut à présent manger et utiliser mon réchaud pour la première fois. Donc mode d’emploi, configuration et mise en marche ! Place au souper, pas dingue mais nourrissant en faisant bouillir l’eau d’irrigation. Je m’endors, le ciel est plus visible, petite étoile filante, quelques moustiques mais un silence monacal, je m’endors et je dors bien !

Itinéraire du jour de Agaete jusqu’un peu plus loin dans la montagne (les chiffres entourés sont mes bivouacs).

Gran Canaria J1

Vendredi 27

Réveil vers 10-11h, je découvre la vue : entre montagne et mer, c’est magnifique. Je prends mon temps, je remarque que se protéger de l’Est est une bonne chose pour se protéger du soleil et pouvoir dormir un peu. Je remarque ce matin que, dans le transfert de sac, j’ai oublié mon Kindle et un short. Je devrai faire sans (smartphone pour Kindle) et plus embêtant, tout en jeans transformé en short. Je fais mon petit déj en bouillant mon eau, regarde un peu mon trajet et range bien mon sac. Je pars vers 12h et je me rends compte que mon chemin est un peu au-dessus d’où je suis (merci mon GPS). Je gravis donc une belle côte pour commencer et continuerai à monter une bonne partie de la journée. Il fait chaud, je transpire à gros torrent en sachant que mes réserves d’eau ne sont pas grandes. Mais j’ai repéré des rivières et barrages sur ma route. Pour ce qui est des rivières, je comprends vite qu’elles sont toutes sèches et pour les barrages, la moitié aussi. Je vais donc devoir penser à mes randos en fonction de l’eau. Je monte dans la montagne sous un gros soleil, c’est assez dur, je m’efforce de faire mes pauses à l’ombre et d’écouter mon corps, je ne vais pas me faire mal le premier jour ! Un de mes genoux me fait une petite douleur et je décide de m’arrêter dans un coin d’ombre et quelle n’est pas ma surprise quand je vois une petite source avec une bouteille placée dessous pour récupérer l’eau. Ni une ni deux, je bois à fond, remplis toutes mes gourdes et mange des fruits secs pour fêter ça. Je continue ensuite l’ascension qui est assez éprouvante mais une forêt au sommet me donne de l’énergie pour programmer une pause à l’ombre des arbres. J’arrive dans cette forêt, paysage totalement différent mais fort sympathique et abrité du soleil. Là, l’énergie me revient et je postpose un peu ma pause, que je compte faire à une aire de picnic. Je n’arriverai pas jusque-là, des crampes se déclarant dans mes jambes : c’est vrai que je marche depuis 3h30 sans réelle pause-sieste. Je m’arrête donc, mets mon panneau solaire en place, fais une petite sieste et mange un petit peu. Un couple anglophone passe et est tout content de voir que j’ai le même sac que lui et me propose un verre si je loge au camping du coin. Je n’ai pas d’autorisation pour loger dans le camping et décide donc de camper pas loin de la zone de picnic pour avoir de l’eau. Je me trouve un petit plateau sympa, me pose, fais ma cuisine et lis un coup mais je m’endormirai assez vite, tout habillé car il fait plus frais.

Itinéraire du jour :du point précédent à la zone de picnic de Taladaba en passant par M. Berbique

Gran Canaria J2

Samedi 28

Réveil vers 9h, pas de soleil aujourd’hui mais des Espagnols bruyants dans le camping d’à côté ou en promenade, je ne sais pas trop. J’essaie d’un peu m’activer ce matin mais ce n’est pas si facile d’aller vite. Au final, je pars à 11h30, je vais remplir les gourdes à la zone de picnic et me voilà parti. Je marche directement avec plus d’aisance, un premier sommet tout de même dans les sapins, puis je redescends avec vue sur la vallée et sur des barrages. Encore une découverte. Je continue à descendre et j’avance bien, content de mon rythme et de mon corps. Je rencontre un couple de Français qui ont le même guide que moi et continue ma route. Cette partie du chemin n’est pas la plus incroyable, à part qu’elle est en descente et donc j’avance sans peine. Une montée soudaine jusqu’à un sommet me surprend mais elle me permet d’arriver à Artenara, magnifique village troglodytique, le plus haut de Gran Canaria. Je veux en profiter pour acheter deux ou trois bricoles pour le midi : des fruits et de l’eau, mais le magasin n’ouvre qu’à 17h30… Merci les Espagnols ! Je trouve de l’eau et je repars dans ces magnifiques paysages montagneux, avec certes un petit hâle nuageux mais qui n’ajoute que du charme et permet de ne pas avoir trop chaud. Vers 18h (après 1h30 de marche), je décide de m’arrêter dans un pur endroit, sans possibilité d’être débusqué et avec les paysages sur la montagne, tout ça dans la forêt pour être protégé du vent et du soleil. Au final, magnifique journée, avec moins de dénivelé et de soleil que ce qui avait rendu la précédente dure, et le sourire aux lèvres d’avoir fait de belles découvertes.

Itinéraire du jour : de Taladaba à presque les Cuevas del Caballero en passant par Artenara

Gran Canaria J3

Dimanche 29

Lever 7h50, il va faire beau aujourd’hui, le soleil pointe son nez ! Départ 9h30 après une heure de charge de mon téléphone. Dès qu’il y a du soleil, c’est bon, je suis indépendant énergétiquement. Je pars donc de ma montagne vers Cruz de Jerez. Magnifique vue sur toutes les montagnes alentour et première fois que je vois Tenerife.  Je longe la crête jusqu’à redescendre vers Cruz. Les paysages sont fort changeants et c’est ça qui motive dans la rando. Le fait de se retourner et de voir d’où on vient est aussi très jouissif parce que je vois que malgré le fait que je n’avance pas très vite, j’enchaîne les kilomètres. Cruz de Jerez est un village touristique sans intérêt mais j’en profite pour remplir mon eau et acheter mon premier midi : un pain, un fromage et deux petites bananes pour le magnésium. Je repars vite et me retrouve dans un décor assez différent, de l’intérieur du pays. Beaucoup de portions sont brûlées mais toujours avec pas mal de forêts et vue sur les montagnes. Je marche d’un bon pas, fais une pause déjeuner et continue jusqu’à un camping et une zone récréative. On est dimanche et c’est full, ça ne me donne pas envie mais me permet de recharger mon eau. De là, je repars, fais un petit détour vers la fenêtre, magnifique point de vue et arrive proche de mon campement vers 16h. Je comptais aller un peu plus loin mais je me rends compte que ce sera à flanc de montagne, donc pas du tout idéal. Je choisis plutôt le sommet magnifique avec vue sur tous les alentours. Les montagnes mais aussi les lacs que j’ai aussi envie d’aller voir. Je fais une petite promenade sans sac sur les rochers du sommet et après avoir regardé la carte, je fais à manger face au soleil qui se couche doucement. Je suis bien, je sens mes premiers petits bobos, rien de grave, je crois, mais bon je marche toute la journée quand même ! Je mets ma tente entre deux gros rochers pour ne pas avoir la visite de moutons et à priori je suis dans une zone plutôt isolée. Aussi, j’ai vu de la chasse avec des chiens, qui ont juste l’air de chercher partout. C’est, en effet, la chasse aux lapins pratiquée par des lévriers, surtout le dimanche, après quoi ils vont boire un bon coup, à l’aire de picnic du coin.

Itinéraire du jour :

des Cuevas del Caballero à la montagne juste avant Cruz Grande en passant par Cruz de Tejeda et Garanon

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Lundi 30

Je redescends assez vite la montagne et me retrouve à Cruz Grande.

Nom d’un village qui se compose d’une unique maison ! C’est souvent dur avec la carte de savoir à quoi va ressembler le village dans lequel on va arriver. Comme c’était prévu, je descends jusque Telde pour faire le plein d’eau et de courses. La descente va assez vite (1h30 quand même) et je trouve de l’eau et un magasin où je me ravitaille. Je me ravitaille même un peu trop (deux saucissons, 250g de pâtes par repas, des fruits, des midis,…) et je repars dans la même direction mais pas par le même chemin.

Très vite, je me perds et me retrouve environ 100 m au-dessus de mon chemin. Et là c’est un chemin de croix pour redescendre, avec ce sac lourd, ces arbustes un peu urticants qui perdent toutes leurs épines quand on les touche, … J’arrive enfin au chemin et décide de faire ma pause de midi pour me remettre. Je remonte le reste en râlant un peu. Retour à Cruz Grande où je commence l’itinéraire du jour. Je descends dans un barraco (canyon) où de l’eau apparaît à un moment !

Je descends toujours et me retrouve dans une vallée beaucoup plus verte et cultivée. Je mange même une délicieuse figue sur un arbre.

J’arrive alors au lac sans beaucoup d’eau et remonte ensuite dans la montagne vers des maisons troglodytes.

Ce moment est assez magique parce que je suis seul au monde, au milieu de ces parcelles cultivées et de ces maisons troglodytes.

J’arrive ensuite enfin à mon aire de picnic et là, c’est l’extase ! La journée a été longue mais je suis seul avec une magnifique vue et de l’eau ! Je me lave, lave mes vêtements,…

Et admire une fois de plus le coucher du soleil. Je planque correctement ma tente et m’endors assez vite.

Itinéraire du jour :

de Cruz Grande à Morro de Santiago en passant par Tunte pour les courses et Los Cercados.

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Mardi 31

Petite journée prévue aujourd’hui ! Je me lève quand même à l’aurore, range vite ma tente et déménage toujours discrètement vers les tables où je m’installe et fais sécher mon linge.

Et là, en caleçon, je vois arriver un camion. J’ai juste le temps de me cacher mais pas d’enlever les vêtements qui sèchent visiblement. J’arrive tout de même, quand ils sont installés, à en retirer une partie mais j’en laisse une autre. Ils resteront deux heures, je crois, pendant lesquelles je lis, mais avec toujours le stress qu’ils me découvrent. Je pars ensuite et je dépasse assez vite deux Anglais qui me disent aussi qu’ils ne voient jamais personne ! Je descends dans un canyon avec même un peu d’eau et quelques grenouilles.

Les paysages sont beaux mais je comptais faire une journée off et cette marche est un peu de trop, donc je n’en profite pas assez. Il fait assez chaud aussi.

J’arrive enfin au lac, mon objectif. Je vois mon point d’eau avec même un camping et ce que je veux à tout prix,  c’est aller faire un plongeon. Je trouve un endroit sympa, pose mon sac un peu plus loin et prends mon picnic pour la sortie.

En maillot, je m’élance et vla ti pas que le fond est super mouvant et que je n’arrive pas à avancer plus loin que mes genoux ! Je suis quand même heureux malgré l’échec et m’accroupis dans l’eau pour avoir une sensation de réussite.

Je me rhabille et vais chercher un endroit pour dormir. Je trouve l’endroit idéal, une grotte vue sur lac, bien plate mais les moutons étaient passés avant moi et avaient rendu l’endroit moins idéal.

Je trouve finalement quelques arbres sur les hauteurs qui m’accueilleront.

Je vais chercher de l’eau au camping-aire de picnic d’à côté et suis bien content de pas y loger, vu le bruit de Français de base et d’Espagnols, qui ne s’arrêteront pas avant bien tard. Je fais mon petit fristou, lis un peu et m’endors sans peine, même si je suis un peu en pente. J’ai aussi regardé la suite de mon itinéraire et m’inquiète un peu du manque de points d’eau par la suite.

Ça me démotive un peu, mais est-ce que ça m’arrêtera ?

Itinéraire du jour :

de Morro de Santiago à Morro del Peladero en passant par La Data

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Mercredi 1

Je me remotive et décide de faire une grande boucle aujourd’hui ! Je pars à 8h30, après un faux départ (je voulais prendre un raccourci mais me retrouve devant un ravin). Je continue ma route et marche d’un bon pas, sans aucune peine malgré les montées et les descentes pour passer par les différents lacs. Je trouve une épicerie sur le chemin et décide de me lester d’un peu plus d’eau, histoire de gagner en autonomie. Pas un souci ! Les paysages des lacs vont se transformer en paysages de forêts. Je continue de marcher sans relâche. Je croise deux Allemands perdus qui, heureusement, m’ont vu juste avant une bonne intersection et feront des photos de ma carte, tout ça avec un chien ne leur appartenant pas et qui les suit. Je suis bien, j’avale les kilomètres sans m’en rendre compte et mon corps suit sans broncher. Je prends quand même un petit raccourci sur la fin, qui me fait prendre une grosse descente – ce qui n’est pas toujours évident non plus. Un peu fatigué quand même mais pas exténué, j’arrive à mon campement et là, contrairement à 2 jours avant, j’arrive sur une aire de picnic fort mauvaise, et pour couronner le tout, l’eau qui sort du robinet est toute verte. Je n’ai plus fort le courage de chercher un bon coin où dormir et trouve un endroit assez proche sur les hauteurs, où je dois un peu me cacher de promeneurs de chiens et fort proche de la route. Je n’ai, par ailleurs, pas mis de tente et dès le soir, une rosée tombe qui trempe pas mal mon sac de couchage. Je me réveille deux, trois fois au milieu de la nuit (comme souvent) et c’est superbe parce que je suis dans les nuages avec quelques étoiles qui persistent et le crépuscule qui se lève.

Itinéraire du jour :

de Morro del Peladero à l’aire de picnic au sud de Tunte en passant par les lacs de Soria et Chira

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Jeudi 2

Après cette nuit pas des plus belles, je repars vers Santa Lucia à 10h. D’après le guide, j’ai l’impression que la promenade ne vaudra pas le coup. Mais bien au contraire, je retombe dans des cultures assez petites, un peu sous forme d’oasis. J’essaye de manger un fruit des fameux cactus mais après avoir méticuleusement enlevé toutes les épines, je me rends compte qu’il y a plein de gros pépins à l’intérieur et que le goût n’est pas fameux. Après cette expérience, je continue et j’arrive sur un barranco magnifique, avec de grandes propriétés qui ont chacune leurs zones d’exploitation. Apparemment, les palmiers sont utilisés pour nourrir les cochons et aussi pour un peu de confection. Je fais une boucle en plus, pour allonger la balade et aller voir un site antique avec une grotte à travers la roche. Mon aire de picnic n’est pas exactement sur mon chemin et c’est en arrivant à sa hauteur que je m’en rends vraiment compte. En gros, elle se trouve à 100 m au-dessus… si elle y est. Je suis le lit d’une rivière mais ce n’est vraiment pas évident, jusqu’à ce qu’un chemin magique apparaisse et me permette de monter. Arrivé là-haut, je ne vois rien sauf une petite chapelle. Je vais voir et là apparaît une énorme aire de picnic avec une super vue. Content, je m’y installe, il doit être dans les 17h. Je plante même la tente et regarde un peu la carte. Je me dis que pour le lendemain, faire une boucle et venir reloger au même endroit peut être une riche idée.

Itinéraire du jour :

de l’aire de picnic au Sud de Tunte à l’aire de picnic à coté de Las Lagunas en passant par Fataga et El Ingenio et la Forteleza

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Vendredi 3

Je commence donc ma randonnée vers Sainte Lucie vers 9h. Très joli village avec de grosses maisons pittoresques et leur jardin cultivé. J’arrive à un embranchement pour sortir du village, je regarde ma carte et là une voiture arrive avec un local qui en sort. Il me voit avec ma carte et commence à m’expliquer un chemin et à me dire de le suivre. Je vais donc le suivre (à son pas de course, heureusement que je n’ai plus de nourriture dans mon sac) et essayer tant bien que mal d’exercer mon espagnol. J’ai l’impression qu’il comprend ce que je lui dis, moi j’ai plus de mal avec son accent local. En plus le rythme est soutenu, donc ce n’est pas toujours évident de parler dans l’essoufflement. Mais c’est mon premier vrai contact avec un Espagnol du cru (à part dans les magasins) et avec une personne en soi (je le cherchais un peu, mais les seules personnes que je rencontre sont des bêtes touristes et pas souvent randonneurs). On arrive à un embranchement où il va me laisser continuer ma route et moi, je vais bien diminuer la cadence parce que ça montait bien, au final. Arrivé au sommet, je regarde ma carte et me dis que c’est bête de revenir au même endroit et je change tous mes plans. En montant, je me suis retrouvé dans les nuages et dans une brume qui m’oblige même à mettre un pull parfois. Je n’ai pas grand chose comme visibilité mais ça ressemble alors à des paysages des Moors en Angleterre. Je vais continuer mon chemin en ne me souciant pas trop de l’itinéraire et je vais vite me rendre compte que je n’ai pas pris la bonne route. N’apprenant pas de mes erreurs, je vais essayer de retrouver mon chemin en azimut et je vais passer une heure à essayer de monter dans une végétation dense et aride qui ne m’aide vraiment pas. Je vais, par contre, voir mon premier lapin, l’animal le plus gros de l’île apparemment. Je rejoins enfin mon chemin, exténué, et prends, à mon habitude, ma pause de midi pour me remettre. Le reste de la journée va se continuer dans les nuages en suivant un impressionnant canyon. Je vais finalement arriver à Ingenio vers 16h3, où je vais dévaliser le petit supermarché local pour me refaire un stock de nourriture et un sac bien lourd. Je repars ensuite vers une zone de pic nic et m’éloigne de la ville ; un peu avant celle-ci, je trouve un endroit sympa avec vue sur la ville et la mer, et assez isolé. J’y mets ma tente, prépare un repas avec des légumes frais (et des Zwan) et profite de ce festin. La nuit va tout de même être mouvementée à cause du vent et d’un peu de pluie qui font pas mal de bruit sur la tente.

Itinéraire du jour :

de Santa Lucia à l’ouest de Ingenio